Bernard Bouvet
L'écriture a été inventée, en l'état actuel de nos connaissances, il y a environ 5500 ans.

Elle a utilisé, au cours de sa longue histoire, toutes sortes d'outils : le stylet, le calame, le pinceau, la plume d'oie, le porte-plume, le stylo. Avec ces outils, c'est la main de l'homme qui forme les lettres, les mots, les textes. Il y a une relation directe entre le cerveau et la main, entre le cœur et la main, entre l'esprit et la main dans l'écriture manuelle.

D'autres outils mécaniques (la machine à écrire) ont existé. Aujourd'hui, ils sont remplacés par les outils électroniques qui permettent d'écrire plus vite, qui forment les mots automatiquement, qui écrivent directement avec la parole ; ils « mâchent » le travail d'écriture.

Jusqu'à récemment, ces outils électroniques étaient utilisés après l'apprentissage de l'écriture manuelle à l'école, essentiellement par des adultes.

Aujourd'hui, dans de nombreux états aux Etats-Unis, l'apprentissage de l'écriture cursive est seulement une option dès le primaire. Or, de nombreux pédagogues le disent, l'apprentissage de l'écriture manuelle est décisif dans le développement de l'enfant, car il participe au processus qui mène de l'idée à sa réalisation, de l'idée au geste. C'est tout autre chose de répondre par des gestes réflexes (appuyer sur la bonne touche) en fonction d'un environnement imposé par un système pré-existant limité et excluant toute idée de créativité.

Il faut absolument préserver l'apprentissage et la pratique de l'écriture manuelle, plus particulièrement chez les enfants.

Aller plus vite, toujours plus vite, favorise-t-il le développement de la pensée, de la réflexion, de l'imagination ?

Le « copié-collé » développe-t-il vraiment la connaissance ?

Ces questions sont aujourd'hui posées de manière pressante à nos sociétés.

La défense de l'écriture manuelle est bien devenue un enjeu de société.

Patrice Laffont
Homme de lettre et de télévision, parrain de la manifestation

Edito Patrice Laffont



Le logo de la Semaine de l'écriture a été réalisé par Madame Karen Papacek, artiste peintre et professeur de l'école Art en liberté à Bellême...