Le respect, ce mot dont le monde a besoin
Respect. Sept lettres. Un mot que l’on apprend très tôt, que l’on inscrit dans les règlements des écoles, sur les murs des gymnases et dans les chartes de bonne conduite. Un mot tellement employé qu’on finirait presque par ne plus l’entendre. Et pourtant, il suffit de regarder autour de nous pour mesurer à quel point il est essentiel. C’est surtout la thématique de notre nouveau concours.
Respecter, ce n’est pas forcément être d’accord
On peut respecter quelqu’un dont on ne partage ni les idées, ni les goûts, ni les croyances. On peut perdre un match et respecter l’adversaire. Trouver une règle injuste et pourtant la respecter tant qu’elle s’applique. Écouter une opinion qui nous agace profondément sans humilier celui qui l’exprime. Parce que le respect ne commence pas lorsque l’autre nous ressemble.
Il commence justement là où apparaît la différence : une autre couleur de peau, une autre religion, une autre façon de s’habiller, d’aimer, de parler, de penser, de vivre, un handicap, une origine différente de la nôtre, une vie que nous ne connaissons pas.
Respecter l’autre, ce n’est pas renoncer à ce que nous sommes. C’est lui laisser le droit d’être ce qu’il est.
Le respect c’est un mot qui résonne tellement et malheureusement avec notre époque
Il suffit d’ouvrir un journal…
En mai 2026 encore, les Nations unies rappelaient que le droit international humanitaire et la protection des populations civiles doivent être respectés, quels que soient les protagonistes d’un conflit. En France aussi, les chiffres nous obligent à regarder les choses en face. La CNCDH a recensé 9 737 crimes ou délits à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en 2025, soit encore une hausse de 5 % en un an. Dans le même temps, et c’est important de le dire aussi, son baromètre montre que le niveau de tolérance des Français demeure historiquement élevé.
Voilà peut-être toute la contradiction de notre époque.
Nous n’avons jamais autant parlé d’ouverture, de diversité, de droits humains. Nous pouvons découvrir en quelques secondes la musique d’un autre continent, discuter avec quelqu’un qui vit à dix mille kilomètres, voir comment vivent des personnes que nos grands-parents n’auraient probablement jamais rencontrées. Et pourtant les mots peuvent, eux aussi, dresser des murs. Sur les réseaux sociaux notamment, l’insulte devient facile, immédiate, presque abstraite parce qu’un écran sépare celui qui écrit de celui qui reçoit. L’UNESCO alerte d’ailleurs sur la progression des discours de haine, racistes, antisémites, xénophobes ou visant d’autres groupes, amplifiés par leur diffusion en ligne.
Derrière chaque écran, pourtant, il y a quelqu’un.
Le respect n'est pas réservé aux humains
Respecter, c’est aussi comprendre que nous ne sommes pas seuls au monde. C’est ne pas abandonner son déchet au bord d’un chemin parce que « quelqu’un le ramassera », observer un animal sauvage sans chercher à le toucher ou à le déranger. C’est considérer qu’un animal n’est ni un jouet ni un objet que l’on jette lorsqu’il devient encombrant ou encore prendre soin d’un arbre, d’une rivière, d’une forêt, d’un paysage que d’autres habiteront après nous.
C’est respecter le vivant. Et peut-être que cela aussi s’apprend très jeune : comprendre que tout ce qui est à notre portée ne nous appartient pas pour autant.
Le respect est partout
Il est dans les grands principes, bien sûr. Dans les droits humains, les lois, les règles qui permettent à des millions de personnes différentes de vivre ensemble.
Mais il existe surtout dans des gestes minuscules.
- Attendre que l’autre ait terminé sa phrase.
- Ne pas rire quand toute la classe rit aux dépens de quelqu’un.
- Accepter le « non » de l’autre.
- Ne pas partager une photo sans autorisation.
- Ramasser ce que l’on a jeté.
- Respecter l’arbitre qui vient de siffler contre notre équipe.
- Laisser une place à celui qui semble toujours rester un peu à côté.
- Reconnaître que l’on s’est trompé.
- Défendre quelqu’un quand il n’est pas là pour se défendre.
- Et savoir aussi dire : « Là, tu dépasses mes limites. »
Car le respect ne consiste pas seulement à respecter les autres. C’est aussi apprendre à se respecter soi-même et à demander aux autres d’en faire autant.
S'il te plait, écris-moi le respect
Pour cette nouvelle édition de la Semaine de l’écriture, nous avons choisi le Respect comme thème du concours parce qu’il peut raconter mille histoires.
Une dispute dans une cour d’école, un match de football, une amitié improbable, un animal que l’on protège, deux personnages que tout oppose et qui pourtant s’entendent, une injustice devant laquelle quelqu’un décide de ne pas se taire, un grand-père et son petit-fils qui ne voient pas le monde de la même façon mais qui respectent chacun, la vision de l’autre ou encore une rencontre avec celui que l’on croyait si différent.
Vous pouvez écrire sur le respect des autres, des différences, des règles, de la nature, des animaux, des opinions, des cultures, des générations, des lieux, des objets, de la parole donnée… ou nous emmener là où nous n’aurions pas pensé aller.
Parce qu’au fond, respecter, c’est peut-être commencer par regarder vraiment ce qui existe en dehors de soi.
Et dans le monde qui est le nôtre aujourd’hui, ce n’est pas un petit sujet…
