Patrice Laffont et Bernard Bouvet

La semaine de l’écriture, c’est d’abord la rencontre entre 2 hommes : Bernard BOUVET, apprenti typographe devenu photographe et diffuseur de cartes postales, il a passé sa vie professionnelle dans l’écriture et le papier, et Patrice LAFFONT.

Tout de suite, ils se sont retrouvés sur le projet qui est devenu « La Semaine de l’Ecriture » en 2011, parrainé depuis le début par le ministère de la Culture et par l’Association des Maires de France.

L’idée, c’est d’organiser un évènement national, à l’image de la Fête de la Musique, autour de la nécessaire pérennité de l’écriture manuelle, notamment chez les enfants scolarisés.

Nous savons qu’aux Etats-Unis, il y a quelques années, une majorité d’Etats ont voulu rendre la pratique de l’écriture cursive facultative, et ce dès le début du primaire. Une quinzaine d’entre eux ont fait machine arrière face aux problèmes posés.

En effet, ce n’est pas la même chose pour le développement du cerveau d’écrire à la main ou de taper sur un clavier. De nombreux spécialistes sont formels : l’apprentissage de l’écriture manuelle participe du développement cognitif de l’enfant par la maîtrise du geste, par le rapport établi entre la main et le cerveau à travers la constitution des lettres, des mots, par la compréhension de ce qu’on écrit.

Pour les enfants scolarisés, nous avons développé 2 axes principaux :

  • La création d‘un livret pédagogique de 18 pages en direction des enseignants, téléchargeable sur internet. Il leur permet de faire travailler les enfants sur l’écriture d’une carte postale, pendant toute l’année scolaire. Toutes sortes d’initiatives existent, rapportées le plus souvent par la presse locale : écrire aux membres de sa famille, aux résidents de la maison de retraite voisine, aux élèves d’une autre école. En fait, créer du lien social à travers l’écriture manuelle, ce qui est sa fonction première depuis plus de 5000 ans!
  • La création d’un concours national du plus beau texte sur carte postale avec remise des prix aux 3 premiers de chacune des 7 catégories constituées pour l’occasion. Il a lieu en octobre, pendant la semaine de l‘écriture.

La remise des prix se déroulera de nouveau au ministère de la Culture, rue de Valois.

En 2018, nous avons dépouillé 15 000 cartes venues de toute la France et même des écoles françaises de l’étranger. Le jury est présidé par Patrice LAFFONT.

Pour les adultes et les ados, nous avons d’ores et déjà un partenariat avec le Groupement Des Ecrivains Conseils qui prépare le concours dans des ateliers comme celui qui fonctionne depuis 2 ans au Centre Georges Pompidou.

Nous voulons que tous ceux qui nous rejoignent puissent se saisir de notre idée à leur manière !

Nous voulons développer aussi  la pratique de l’écriture dans sa forme artistique, à travers la pratique de la calligraphie  (ancienne ou moderne), et à travers son utilisation dans les arts plastiques.

Depuis le début de l’opération, 45 000 kits de 30 cartes postales ont été envoyés dans les établissements scolaires. Ce sont près d’1 million d’élèves qui ont écrit en savourant  le plaisir de l’écriture à l’école.

Le logo de la Semaine de l’écriture a été réalisé par Madame Karen Papacek, artiste peintre et professeur de l’école Art en liberté à Bellême…

 

Bernard Bouvet

L’écriture a été inventée, en l’état actuel de nos connaissances, il y a environ 5500 ans.

Elle a utilisé, au cours de sa longue histoire, toutes sortes d’outils : le stylet, le calame, le pinceau, la plume d’oie, le porte-plume, le stylo. Avec ces outils, c’est la main de l’homme qui forme les lettres, les mots, les textes. Il y a une relation directe entre le cerveau et la main, entre le cœur et la main, entre l’esprit et la main dans l’écriture manuelle.

D’autres outils mécaniques (la machine à écrire) ont existé. Aujourd’hui, ils sont remplacés par les outils électroniques qui permettent d’écrire plus vite, qui forment les mots automatiquement, qui écrivent directement avec la parole ; ils « mâchent » le travail d’écriture.

Jusqu’à récemment, ces outils électroniques étaient utilisés après l’apprentissage de l’écriture manuelle à l’école, essentiellement par des adultes.

Or, de nombreux pédagogues le disent, l’apprentissage de l’écriture manuelle est décisif dans le développement de l’enfant, car il participe au processus qui mène de l’idée à sa réalisation, de l’idée au geste. C’est tout autre chose de répondre par des gestes réflexes (appuyer sur la bonne touche) en fonction d’un environnement imposé par un système préexistant limité et excluant toute idée de créativité.

Il est capital de préserver l’apprentissage et la pratique de l’écriture manuelle, plus particulièrement chez les enfants.

Aller plus vite, toujours plus vite, favorise-t-il le développement de la pensée, de la réflexion, de l’imagination ?
Le « copier-coller » développe-t-il vraiment la connaissance ?

Ces questions sont aujourd’hui posées de manière pressante à nos sociétés. La défense de l’écriture manuelle est bien devenue un enjeu de société, car il s’agit de décider de l’avenir que nous voulons organiser pour nos enfants : un avenir ou l’être humain reste maître de son destin et de son humanité.

 

Patrice Laffont

(Homme de lettres et de télévision, parrain de la manifestation)

Edito de Patrice Laffont